3/ La génétique

Publié le par limites-du-corps-dans-le-sport.over-blog.com


3.1) Prédisposition génétiques



La génétique joue un rôle essentiel dans les performances sportives. En effet,de nombreuses caractéristiques génétiques présentes chez nos parents se retrouvent dans nos gènes.

Ce sont grâce à ces caractéristiques que les AGP, Athlète Génétiquement Programmé, peuvent être créés. Prenons l'exemple de Yao Ming : ses deux parents sont basketteurs, son père mesure 2,08 mètres et sa mère mesure 1,88 mètres. Le résultat ? Un homme mesurant 2,29 mètres à 29 ans.TPE---Yao.png

Les exploits sportifs ne dépendent pas seulement de l’entraînement.Un sportif que ni possède pas naturellement les bonnes aptitudes peut s’entraîner autant qu’il veut, il ne deviendra jamais un champion. Ces prédispositions à la pratique de tel ou tel sport sont définies dès la naissance: elles sont inscrites dans les gènes.
Les scientifiques ont déjà identifié des gènes susceptibles d’améliorer les performances sportives. L’un des exemples les plus célèbres est le gène de l’Epo. Du fait d’une mutation de ce gène, le fondeur finlandais Eero Mäntyranta produisait naturellement quelque 20 % de globules rouges de plus que la moyenne, ce qui le rendait plus endurant. Autre cas connu, celui d’un jeune Allemand particulièrement musclé car né avec une mutation génétique bloquant la production de myostatine.
Mais l’influence des gènes sur les performances sportives n’est pas seulement isolée, par le biais d’une mutation rare, elle peut aussi être globale. Ainsi, il semble que la domination des coureurs d’Afrique de l’Est dans les épreuves de fond, la supériorité des athlètes d’Afrique de l’Ouest en
sprint et l’aptitude des Caucasiens pour les sports de force soient d’origine génétique.

C'est en mettant en relation les résultats de tests de vrai jumeaux identiques, de faux jumeaux ainsi que de frères et soeurs, que le Docteur Claude Bouchard en a déduit que les gènes déterminent les aptitudes sportives d'une personne en dehors de toute notion d'entraînement. Il existe donc des particularités familiales, donc héréditaires, qui commandent à la fois nos prédispositions pour le sport et notre habileté à profiter d'un entraînement. En effet, dans tous les cas de figure, il apparaissait que les progrès au cours des entraînements étaient très variables entre les individus mais qu'ils restaient étonnamment similaires au sein des paires de jumeaux vrais.

 


3.2) Les mutations



     a) Le cas le plus connu, celui de l' ACTN3.

La génétique a un poids considérable dans le sport de haut niveau.L'ACTN3 est une protéine qui joue un rôle essentiel dans le métabolisme des fibres musculaires directement sollicitées lors des efforts rapides et intenses. Comme toutes les protéines, sa synthèse est assurée par un gène spécifique dont la structure est connue depuis longtemps. Les généticiens ont aussi observé que ce gène peut être le siège d'une mutation, sans pour autant que les personnes concernées présentent la moindre anomalie de leurs fonctions musculaires, une situation qui concernerait aujourd'hui près d'un milliard de personnes dans le monde. Le gène de la protéine ACTN3 apparaît plus fréquemment chez les spécialistes du sprint, tandis que la forme mutée de ce gène est généralement retrouvée chez les pratiquants des sports d'endurance, et tout particulièrement chez les marathoniens. Après avoir inactivé le gène chez des animaux de laboratoire, le professeur North a observé qu'ils pouvaient parcourir une distance de 33 % supérieure à celle de leurs congénères normaux. La souris transgénique est ainsi venue confirmer les observations faites chez les marathoniens. La mutation semble avoir pour effet de retarder la consommation rapide de l'énergie disponible dans l'organisme, facilitant ainsi un exercice à la fois intense et prolongé. La connaissance de ce gène, muté ou non, pourrait permettre d'orienter dès l'enfance vers une pratique sportive où l'on aurait plus de chances de devenir champion.


Le dopage génétique, autrement dit la modification des gènes et des cellules, « sera inévitable, dans un futur proche. C’est une question d’années, pas de décennies » cite le Docteur Theodore Friedman. Ces "dopages" sont techniquement possibles. En effet, des traitements à base de cellules souches ont déjà vue le jour et ont été approuvés. « Une souris génétiquement modifiée était capable de courir six fois plus longtemps que les autres », raconte Gérard Dine, professeur de biotechnologie. Génétiquement modifié, un athlète pourrait repousser très loin les limites de la performance. « Nous pourrions voir des footballeurs courir plus vite et plus longtemps, frapper plus fort, sauter 3 mètres en hauteur ! » soutient Gérard Dine. Le dopage de l’AGM serait indétectable, sauf à réaliser une biopsie.



b) Autres exemples de mutations.

Le gène de l'endurance présente deux variantes : une forme nommée I, le plus souvent présente chez les sprinteurs, et une forme nommée D, fréquemment présente chez les athlètes endurants. Le gène de l' énergie présente lui aussi deux variantes : la Pro12 et la Ala. Les personnes qui disposent des deux gènes assimilent plus vite le glucose que ceux qui disposent simplement des deux gènes Pro12. Les effets positifs de l'entrainement se font donc moins ressentir chez ces derniers. Le gène de la vitesse présente deux variantes aussi : la forme R et la forme X. 95% des sprinters possèdent un gène R sur les deux et 50% possèdent les deux, favorisant la vitesse. Certaines mutations génétiques peuvent donc considérablement améliorer les performances sportives des athlètes sans pour autant passer par le dopage.

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