4/ Le dopage

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Le dopage est une solution aux limites naturelles du corps. Il s'agit, en générale, de méthodes illégales qui font intervenir des produits illicites et interdits par les ligues sportives ou les lois en vigueur sur le dopage. Chaque produit possède un effet qui lui est propre, visant à améliorer une partie précise du corps en relation avec la performance à réaliser. Il existe 4 grands types de substances dopantes : Stimulants psychomoteurs et amines sympathomimétiques, Substances stimulant le système nerveux central (tronc cérébral & moelle épinière), Narcotiques et analgésiques et Stéroïdes anabolisants. Seuls deux types seront abordés, il s'agit des plus fréquemment utilisés par les sportifs de haut niveau.



4.1) Stimulants psychomoteurs et amines sympathomimétiques



a) Effets

Ces substances suppriment la sensation de fatigue. Elles créent un "éveil" sensoriel qui influence positivement le déroulement des mouvements coordonnés. Grâce à l'augmentation de la confiance en soi et de la sensation de force physique, l'humeur s'améliore, rendant le sujet optimiste voir euphorique. L'augmentation de l'activité liée à la prise de substances pharmacologiques diffère très largement de celle provoquée par une excitation physiologique, sans prise de substance, comme l'ont montré des études electro-encéphalographiques. En effet dans un premier temps l'excitation physiologique augmente la valeur de l'activité centrale, puis si la stimulation persiste elle devient inefficace, soit par habitude, soit par fatigue. De ce fait le niveau de l'activité centrale revient à sa valeur initiale. L'excitation pharmacologique provoque, au contraire, une augmentation de l'activité qui supprime pratiquement tous les marqueurs de fatigue. En raison de l'inhibition des mécanismes d'adaptation centrale et des mécanismes de fatigue, due à la prise de substances, l'augmentation de l'activité peut dans certains cas persister jusqu'à l'effondrement de l'approvisionnement en énergie.

La prise de psychamines étouffe la sensation de fatigue, qui devrait contraindre à l'arrêt de l'exercice. La fatigue est ainsi repoussée et le sportif est trompé sur son état de fatigue réel. Ainsi, des réserves d'énergie ( appelées "autonomes protégées" ) dont l'organisme se sert habituellement pour maintenir le maintien de ses fonctions vitales peuvent être libérées. Seulement 80% de la capacité de performance maximale est disponible en règle générale grâce à la mise en jeu de la volonté ( de pourcentage peut légèrement varier en fonction de l'état d'entraînement ). Les 20% restants sont inaccessibles volontairement dans des conditions normales et ne peuvent être mobilisés que dans des situations extrêmes ( colère, peur, danger et de mort ) ou grâce à des substances dopantes comme les amphétamines. Ceci conduit à lever les seuils de protection et de sécurité du corps et à franchir la barrière des réserves autonomes protégées.

Dans le domaine de la coordination, on peut obtenir des effets très différents en fonction des doses : après de petites doses d'amphétamines, il semble se produire une amélioration de la coordination des mouvements en raison de l'amélioration de la vigilance et de la capacité de concentration permettant une optimisation de la coordination neuro-musculaire; des doses plus élevées ou individuellement trop élevées entraînent au contraire une diminution des capacités de coordination en raison de l'hyperexcitabilité, de la baisse des capacités de concentration, de l'agitation, de l'irritabilité et de l'agressivité.

Il est cependant démontré que les psychamines et les autres psychostimulants, de même que les amines sympathomimétiques ne peuvent que prolonger la durée pendant laquelle une performance donnée peut être maintenue, mais ne peuvent pas élever la capacité de performance maximale en augmentant l'endurance, la force ou la coordination. Les amphétamines ne peuvent pas remplacer l'entraînement d'un sujet non entraîné, ni mobiliser, chez un sportif de haut niveau, des réserves énergétiques non pré-existantes.



b) Dangers et effets secondaires

En compétition, les stimulants psychomoteurs et les amines sympathomimétiques peuvent influencer les stimulations sur l'organisme et le désir de vaincre de façon si extrême qu'il se produit un défaut complet de régulation des mécanismes régulateurs nécessaires d'origine biologique, voire dans certains cas très graves, des cas de décès.

Après une phase de performances améliorées suit une chute massive des performances par réaction. En raison de la déconnexion du nerf parasympathique, qui favorise normalement la récupération, il se produit une détérioration de la capacité de récupération et une grande perte d'énergie.

Le danger menaçant pour la vie du sujet sous l'influence de psychamines, n'existe cependant le plus souvent que si des charges additionnelles se surajoutent. Par exemple si le sujet subit des conditions climatiques défavorables : grosses chaleurs, degré d'humidité élevé (supérieur à 70%), ou une pression en O² diminuée (altitude); ou encore si le sujet ne boit pas suffisamment, il ne dispose alors plus de ses propres mécanismes de sauvegarde et il existe un risque de décès. D'autre part, la possibilité d'un choc cardiovasculaire est possible. Les effets secondaires cardiovasculaires se manifestent par des maux de têtes, une fréquence cardiaque de repos élevée (jusqu'à 200 battements/min) avec palpitations et extrasystoles fréquentes, et une augmentation persistante de la pression artérielle.



4.2) Substances stimulant le système nerveux central (tronc cérébral & moelle épinière)



a) Effets

Bien que les différents analeptiques du tronc cérébral diffèrent les uns des autres sur le plan chimique, ils agissent cependant de manière semblable sur l'organisme : il se produit une excitation qui influence particulièrement les fonctions motrices et conduit à une stimulation des centres respiratoires et cardiovasculaires.

Le principal analeptique de la moelle épinière est la Strychnine, cette substance inhibitrice semble être sous le contrôle des cellules de Renshaw (neurones intermédiaires dans la moelle épinière) et est libérée lorsque celles-ci sont excitées par neurones moteurs. La fonction des cellules de Renshaw consiste à abaisser le tonus musculaire dans les muscles antagonistes (muscles qui agissent en sens contraire les uns des autres) lorsque les groupes musculaires agonistes (muscle ou un groupe de muscles acteur principal de la contraction et du mouvement) sont sollicités.



b) Dangers

A doses élevées, les analeptiques du tronc cérébral peuvent provoquer des fasciculations musculaires (contractions involontaires répétitives de fibres musculaires) des crampes musculaires ou des convulsions généralisées. Les convulsions sont déclenchées depuis le tronc cérébral par l'excitation d'une partie de la formation réticulée (le centre de l'évaluation) et se déroulent sur un sujet en pleine conscience; si elles se prolongent, elles peuvent provoquer la mort du sujet par hypoxie aiguë (déficit aigu de d'oxygène) car pendant de telles crises, l'activité respiratoire régulière est impossible.

La strychnine diminue le seuil d'excitabilité motrice, de ce fait, elle appartient aux substances qui peuvent mobiliser les réserves énergétiques inaccessibles par la seule volonté et conduire à un épuisement des dépôts d'importances vitales. Lors des surdosages modérés, des crampes toniques peuvent se produire. Du fait de la suppression de l'inhibition réflexe des antagonistes, les muscles fléchisseurs et extenseurs sont contractés en même temps. A doses plus élevées, des crampes musculaires affectant tous les muscles squelettiques surviennent; celles-ci peuvent conduire, comme lors du tétanos, à des complications cardiovasculaires graves.



4.3) Narcotiques et analgésiques



a) Effets

Le principal effet des narcotiques ( substance anesthésiante ) - ils jouent un rôle plus faible dans le dopage sportif - et des analgésiques ( substance luttant contre la douleur ) consiste dans l'inhibition ou l'élimination de la douleur. Leur lieu d'action se situe dans le système nerveux central : la projection des influx nerveux parvenant au thalamus ( filtre les informations arrivant au cortex cérébral ) vers l'écorce cérébrale ( ou cortex cérébral ) sensitive est affaiblie ou atténuée, la prise de conscience des sensations douloureuse est ainsi supprimée

A côté de l'inhibition centrale des sensations douloureuses ces substances déclenchent une modification de l'état d'humeur : la tristesse et la peur s'éclipsent et l'euphorie s'installe. Ils sont principalement utilisés dans le cas de la suppression de douleur qui gênent la mobilité



b) Dangers

Des dommages conséquents peuvent toujours survenir chez un sportif quand on masque sa douleur et donc qu'on lève l'inhibition motrice liée à des lésions tendineuses, musculaires ou osseuses, même en utilisant des analgésiques plus faibles. En effet, la conséquence de la reprise de l'activité motrice peut être une déchirure musculaire, tendineuse ou une fracture osseuse.

Les analgésiques et les narcotiques conduisent en cas de prises répétées, à une dépendance physique et psychique avec les symptômes typiques d'accoutumance et le développement d'une assuétude. Le développement d'une habitude et assuétude extraordinairement fortes, en particulier avec la morphine et ses dérivés, entraîne une augmentation continue des doses. Des quantités de plus en plus importantes seront supportées et nécessaires pour obtenir un même effet. En cas de surdosage avec la morphine, la mort peut survenir par paralysie respiratoire d'origine centrale.

Les symptômes de privation, signant la dépendance sont : agitation, peur, états d'excitation, agressivité, insomnie, dépression, vomissement, diarrhée, suées, frissons et accélération de la respiration.







4.4) Stéroïdes anabolisants







a) Effets

On associe sous le terme hormones stéroïdes ou plus simplement stéroïdes les hormones issues des glandes surrénales ou des gonades (ovaires ou testicules). Les stéroïdes anabolisants, également appelés simplement "anabolisants" sont des hormones stéroïdes du groupe des hormones sexuelles masculines, les androgènes. Les stéroïdes anabolisants sont apparentés à l'hormone sexuelle naturelle mâle, la testostérone. Pour cette raison, ils présentent des effets spécifiques TPE---Steroides.pngsexuels masculins et des effets anabolisants.

Par effet anabolisant il faut entendre l'action anabolisante protéique, qui influence le métabolisme et favorise la construction de tissu, c'est à dire qui exerce un effet facilitant la croissance des muscles, du squelette et des organes en particulier sur un organisme en croissance.

Les hormones stéroïdes sont lipophiles et diffusent donc facilement à travers la membrane cellulaire grâce à leur solubilité dans les graisses. Elles stimulent à l'intérieur de la cellule, la synthèse des protéines. L'effet principal des anabolisants consiste en une production accrue de protéines musculaires. L'action sur la capacité du métabolisme anaérobie glycolytique est plus faible : enfin, l'action sur la capacité du métabolisme aérobie est la plus faible.

En outre les anabolisants doivent provoquer une amélioration du comportement réflexe général. Dans la description des effets anabolisants il faut mentionner que ceux-ci ne produisent leur plein effet que si leur prise s'accompagne d'un entrainement parallèle et d'une alimentation suffisamment riche en protéines. Si les stimuli d'entrainement manquent ou si l'alimentation n'apporte pas les protéines nécessaires, la fabrication de tissu musculaire n'a pas lieu.

Lors de la prise de stéroïdes, des effets psychiques viennent s'ajouter aux effets somatiques (=physiques). Les anabolisants installent un état d'euphorie léger, stimulent la sensation de bien être général et l'agressivité. Cette agressivité accrue s'accompagne d'un augmentation du désir de performance et d'une forte motivation.



b) Dangers
L'augmentation relativement rapide de la force musculaire peut conduire à une surcharge des appareils tendineux et ligamenteux qui, eux, s'adaptent moins vite à l'augmentation des exigences. Le risque de déchirures tendineuses, ou ligamentaires, de lésions cartilagineuses et osseuses est donc accru.

Lors de la prise de stéroïdes, on peut voir survenir des troubles fonctionnels hépatiques et des lésions du foie. Chez les jeunes filles et les femmes, on peut observer des phénomènes de virilisation : si les femmes prennent de fortes doses sur une durée prolongée, des caractères sexuels secondaires spécifiquement masculins se développent. Il s'agit en particulier du renforcement de la pilosité sexuelle, corporelle et du visage ainsi que d'une modification du timbre de la voix qui devient plus grave et plus rauque.

Il faut particulièrement mettre les adolescents en garde contre l'utilisation d'anabolisants, car elle aboutit à une accélération et un raccourcissement de la maturation osseuse. Ceci conduit à une fin précoce de la croissance avec diminution de la taille définitive.

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Jean 02/11/2015 14:34

sympatoche

(Clovis Simard,phD) 18/02/2012 03:01

Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-7. - THÉORÈME LIMITE. - LE DÉCÈS DES SUPERSTARS ?